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Pour prier à la maison pendant le carême

Temple hindou de Khajuraho , dédié à Shiva. Je t'accorde un tribunal et, pour juge, Varus, qui vient ici fort à propos.

Vie spirituelle

Un message, un commentaire ?

La liturgie est simplifiée, les livres de prières siddour sont rédigés en allemand et non en hébreu , les services abrégés, enrichis d'un sermon et d'un accompagnement musical. L'impact de la réforme provoque alors la formation de nouveaux courants religieux, favorables ou opposés à celle-ci. Elle engendre d'abord l' ultra-orthodoxie juive , qui prône l'exact inverse des valeurs de la réforme, en adoptant un séparatisme assez strict, et en renforçant la pratique du judaïsme au prix d'une rupture avec la modernité.

Ce courant, partisan d'une plus grande souplesse rituelle que les orthodoxes, a cependant une vision du judaïsme assez similaire, notamment dans sa dimension politique.

Historiquement, les prophètes de l' exil à Babylone notamment Ezéchiel furent les premiers à exprimer la nostalgie de Sion.

Le sionisme des débuts est d'une autre nature. L'idée nationaliste finit par toucher les Juifs, privés d'État et même de territoire. La Palestine est alors placée sous mandat britannique. Cependant, le sionisme trouve son défenseur en la personne du rabbin Abraham Isaac Kook. La Shoah , destruction massive du judaïsme diasporique européen , modifie fortement le cours des choses.

Le 15 mai est proclamé l'État d'Israël. C'est là que se forma son caractère spirituel, religieux et national. À l'inverse, les références à la religion juive sont limitées à trois passages. La déclaration d'indépendance reprend la démarche qui était majoritairement celle du sionisme depuis son origine: Les premières instructions ministérielles données indiquaient d'ailleurs que toute personne revendiquant de bonne foi sa judaïté devait être acceptée.

Selon la Halakha [ 60 ] , il reste Juif indépendamment de sa religion. L'application stricte de la Halakha aurait abouti paradoxalement à une rupture totale du lien entre les notions de Juifs en tant que peuple et de juifs en tant que religion, les Juifs devenant purement un peuple. Depuis , l'État est en conflit larvé avec les orthodoxes à propos de cet amendement, ceux-ci réclamant, sans succès, qu'il soit précisé dans la loi que seules les conversions faites selon la Halakha des orthodoxes sont acceptées.

Ce qui représenterait une rupture avec le puissant judaïsme américain, majoritairement réformé. Outre ce refus, l'État a aussi accepté de reconnaître comme Juifs les Samaritains et les Karaïtes , petites communautés rejetées par les orthodoxes. Celle-ci garde d'ailleurs un statut officiel: Cette identité religieuse n'était pas absolue. De même, la halakha loi religieuse juive n'impose pas la pratique religieuse pour appartenir au peuple juif, puisque pour elle, même un Juif converti à une autre religion reste juif [ 64 ].

Cependant, ces idées restaient marginales ou théoriques. Les formes prises par cette religion à travers l'histoire et l'espace ont cependant été diversifiées judaïsme orthodoxe , karaïsme , Falashas. Celui-ci, sous l'influence des philosophes français, prétend fonder une pensée politique et sociale dégagée du religieux mais pas forcément anti-religieuse.

Prônant des valeurs profanes, elle suscite de nouvelles interrogations, chez les Juifs et chez les non-Juifs, sur les éventuelles définitions non-religieuses du fait juif. Bien qu'il ait longtemps été le trait considéré comme déterminant pour les Juifs, le judaïsme n'est pas une entité monolithique, ni même unitaire.

Après le retour des exilés de Babylone , la religion mosaïque éclate entre Judéens Juifs et Samaritains , ces derniers récusant l'interprétation des prophètes et la centralité de Jérusalem.

Le judaïsme du Second Temple est lui-même l'un des plus diversifié de l'histoire juive: Le Second Temple de Jérusalem et les grands-prêtres, théoriquement autorité centrale dans le judaïsme , sont rejetés par les Juifs d'Éléphantine et les Esséniens. Parallèlement, des communautés isolées, oubliant ou ignorant les Talmuds et les rabbins , comme les Juifs des Indes ou les Beta Israël Falashas , terme péjoratif d'Éthiopie développent une forte spécificité.

Le judaïsme éclate une nouvelle fois: Entre le radicalisme des ultra-orthodoxes et des premiers réformés, des juifs, cherchant à moderniser leurs traditions sans les abandonner, forment le judaïsme libéral et le judaïsme conservateur , ainsi que d'autres courants moins importants, comme le Judaïsme reconstructionniste. Le judaïsme historique n'est donc pas incarné par un seul courant. Il existe d'ailleurs plusieurs versions de la Bible, quelque peu différentes: Les sources des uns sont rejetées par les autres, et le degré de leur autorité, absolue ou relative, peut également faire débat parmi ceux qui les reconnaissent.

Divergences de textes, divergences sur l'interprétation des textes, absence de centralisation religieuse, diversité d'époques et diversité de pays ont donc produit des divergences religieuses non négligeables. Le judaïsme, quoique ayant justifié le maintien d'une spécificité juive au cours des diasporas juives , n'est ni unitaire ni même la seule forme de judéité pour l'ensemble des Juifs revendiqués.

Bien avant cette définition moderne, la Bible avait défini les Israélites en tant que peuple. Il ne s'agit donc pas d'une notion religieuse, les règles religieuses étant supposées s'appliquer de façon indifférenciée aux Israélites du Nord et du Sud, mais d'une notion géographique et politique.

Après la dispersion des Juifs à travers la planète, le sentiment d'être un peuple est resté une obligation religieuse. Pour ce courant, qui finira par disparaître même chez les réformés, les juifs ne sont pas un peuple, mais seulement une communauté religieuse.

Bien que traditionnelle, la définition des Juifs en tant que peuple a donc été contestée par certains groupes issus du judaïsme, que ceux-ci recherchent une assimilation partielle réformés ou une assimilation totale convertis. Des groupes se réclamant de la religion de la Bible hébraïque, sans forcément refuser que d'autres se définissent comme Juifs en tant que peuple, se sont eux-mêmes définis comme étant des groupes séparés ayant une identité spécifique Karaïmes européens, Samaritains.

La Shoah a fortement contribué à renforcer cette dimension de peuple: Avant la Révolution française, le terme de nation était quasiment un synonyme de celui de peuple.

Dans cette seconde signification, une nation est en pratique un peuple dont une partie au moins des membres a des objectifs nationalistes. Le concept de nation juive au sens politique est à l'époque de la Révolution étranger aux Juifs. En effet, le culte s'est réorganisé depuis la fin du royaume de Juda sur des attentes messianiques, plus eschatologiques que politiques, et l'exil est vécu comme l'accomplissement des prédictions du Deutéronome.

Les Juifs considèrent toujours que leur destin est de vivre dans un État spécifique la promesse de la terre donnée par Dieu [ 76 ] , mais ils attendent que celui-ci les y ramène, ainsi qu'Il l'avait fait lors de l' exil babylonien , et cette attente se traduit par l'étude et les prières. Du point de vue de cette école, deux approches sont possibles du fait juif: Les Juifs peuvent ne plus être une nation depuis leur dispersion si on insiste sur la notion de territoire commun.

Ils le sont par contre si on privilégie la notion de passé commun, encore que les conversions passées et les diversités d'apparence physique actuelles peuvent sur ce point aussi susciter des oppositions [ 78 ]. La nouvelle idée nationale ne s'est imposée que progressivement au sein des masses juives. Quatre grandes oppositions juives au sionisme se sont identifiées: Progressivement, le sionisme, d'abord assez marginal, a gagné en importance, en particulier en réaction aux troubles politiques de l'Europe orientale et à l'antisémitisme.

La montée de celui-ci, puis son paroxysme au cours de la Shoah , atténue d'ailleurs les fortes oppositions entre Juifs sionistes et antisionistes. Créé entre autres pour combattre les sionistes , le parti ultra-orthodoxe agoudat Israël finit même par collaborer avec ceux-ci sous la pression de la montée de l' antisémitisme des années , puis acceptera la création d'Israël en dans le traumatisme suivant le génocide.

Ces débats ne sont toujours pas clos, certains Juifs religieux la Edah Haredit continuant à rejeter fermement l'idée d'un État juif politique, et beaucoup d' antisionistes politiques refusant toujours la revendication sioniste sur la Palestine.

L'État privilégie ainsi, dans une certaine mesure, le sentiment d'appartenance national et pas seulement le sentiment d'appartenance religieuse. Indépendamment du Sionisme, on peut aussi noter l'existence d'un nationalisme non sioniste, surtout incarné par le Bund , parti ouvrier juif créé en Bien que se définissant comme Juif, le nationalisme du Bund était surtout centré sur une identité Yiddish , et ne s'adressait guère aux Juifs des autres communautés.

Selon ces critères, en particulier la revendication à une ascendance commune, les Juifs peuvent donc être considérés comme une ethnie: Le terme Ethnic Jew s'utilise en anglais particulièrement aux États-Unis pour désigner une personne d'ascendance juive établie, mais ne se rattachant au judaïsme ni par la culture ni par la religion, voire ayant adhéré à une autre foi.

La dimension culturelle ou religieuse dans cette approche est donc totalement occultée au bénéfice d'une stricte définition en termes d'ascendance.

Cette vision peut être partagée par des convertis. Elle peut l'être aussi par des non-Juifs, selon des critères qui leur sont propres. La Halakha la loi religieuse juive, dictée par le judaïsme orthodoxe , a également une définition des Juifs qui s'exprime partiellement en termes d'ascendance: La revendication d'une origine commune est par ailleurs contrebalancée par l'extrême divergence de types physiques existant entre les communautés juives.

Celle-ci s'explique entre autres par le phénomène des conversions. Ainsi, à l'époque romaine déjà, les écrits de Dion Cassius [ 72 ] et les Satires de Juvénal indiquent des conversions assez nombreuses. Même après le Moyen Âge, des passages en masse au judaïsme, comme celles des Subbotniks de Russie ont pu ponctuellement se produire [ 91 ] , [ 92 ]. Bon nombre d'études portant sur la génétique des populations ont été menées concernant l'impact de ces conversions sur l'histoire des populations juives.

Quoique de nouvelles études soient encore à attendre, pour apporter des précisions ou trancher certains débats entre auteurs [ 93 ] , les lignes générales qui se dégagent militent en faveur d'une nette domination moyen-orientale notamment des régions palestiniennes, syriennes et turques [ 94 ] , [ 95 ] dans les origines du chromosome Y des populations juives actuelles transmis uniquement par les hommes.

Cette dominante ne permet pas de trancher la question du poids des conversions masculines dans cette zone, car les études ne différencient pas le chromosome Y des populations juives de celui des populations non-juives de la zone, qui sont très proches. À l'inverse, les études existantes penchent assez nettement pour une origine majoritairement non moyen-orientale pour l' ADN mitochondrial transmis uniquement par les femmes [ 96 ] , [ 97 ].

Ces apports ont des origines géographiques distinctes mais peu nombreuses [ 97 ] , ce qui laisse à penser que les conversions ont été localisées et rares au cours de l'histoire juive, même si le poids global de ces entrées est finalement présent. Chez les Bene Israël de Bombay , l'origine est très tranchée: Il est cependant à noter que dans le cas des Ashkenazes au moins, certains auteurs ont défendu une origine majoritairement moyenne-orientale des marqueurs génétiques mitochondriaux [ 93 ].

Finalement, ces études montrent qu'une origine des populations juives actuelles du moins de celles qui ne vivaient pas à l'époque moderne au Moyen-Orient est située de façon notable à l'extérieur de la zone de dispersion originelle des Juifs, au Proche-Orient.

Mais le poids de marqueurs génétiques originaires de cette zone reste très important, particulièrement pour les marqueurs génétiques d'origine masculine, ce qui tend à montrer un impact relativement ponctuel des phénomènes de conversion.

Mais certains débats entre spécialistes restent encore à trancher, et les positions actuelles de la recherche peuvent donc évoluer. Ces points communs démontrent une certaine continuité endogamique , mais ne sont cependant pas contradictoires avec des divergences non négligeables, acquises au cours des siècles d'immersion au sein d'autres populations par les conversions, les viols ou les adultères.

Les types physiques des Juifs de Chine , des Juifs des Indes , des Juifs Ashkenazim ou des Falashas sont ainsi très différents, et montrent un niveau de mélange interethnique assez élevé. Parmi les grandes populations juives actuelles, seuls les Juifs d'Éthiopie ne montrent pas trace d'origine syro-palestinienne [ 94 ] , [ 97 ]. Au contraire, leurs marqueurs génétiques indiquent une origine exclusivement ou très majoritairement locale, donc un phénomène de conversion de grande envergure.

Dans le cadre d'une approche par la génétique, et malgré certains points communs, les Juifs ne sont donc pas une ethnie homogène. Au-delà de l'approche par la génétique et l'origine réelle, la question de l'ascendance reste importante dans la définition du fait juif, puisqu'on devient généralement juif par sa mère.

Mais cette règle souffre, même aujourd'hui, de nombreuses exceptions ou applications problématiques. Ainsi en est-il des Juifs convertis à d'autres religions. Pour le Talmud [ 98 ] , ils restent Juifs. À ce titre, les Juifs convertis à d'autres religions sont refusés comme Juifs [ 99 ]. La population africaine des Lemba , qui se réclame d'ascendance juive, et dont les études génétiques ont confirmé qu'elle était porteuse de gènes communs avec ceux des cohanim juifs [ ] , n'est pas reconnue comme juive.

Cette intégration dilue progressivement le patrimoine génétique. Les études génétiques [ ] ont même démontré que des groupes juifs, comme les Falashas , ne montraient aucune trace d'origine cananéenne, soit qu'ils n'en aient jamais eu, soit que celle-ci se soit totalement diluée.

Finalement, le caractère ethnique n'est pas une condition nécessaire ni suffisante pour l'appartenance au judaïsme, bien que la question de l'ascendance y soit importante. Le fait juif se caractérise, selon Shmouel Trigano , bien davantage par la culture, le rituel, ou les langues [ ].

La question culturelle juive est complexe en ce que le maintien d'une identité spécifique à travers les siècles a sans doute été aidé par les cultures très spécifiques, comme la culture ashkénaze, ou la culture judéo-arabe. Leurs membres avaient un fort sentiment d'appartenance appuyé sur ces cultures, en particulier sur des langues spécifiques des langues locales influencées par l'hébreu , mais aussi sur des littératures ou des philosophies juives particulières.

Mais malgré des cultures juives très fortes, il n'existe aucune unité culturelle juive au-delà de la religion du moins pour les orthodoxes et de sa langue liturgique, l' hébreu. Finalement, les Juifs n'ont pas eu à travers le temps une culture, mais plutôt un particularisme communautaire, lequel a produit régulièrement de nouvelles cultures juives spécifiques. Souvent très autonomes, ces groupes ont cependant correspondu entre eux, permettant le maintien d'une identité juive relativement stable.

Le rituel séfarade s'est ainsi répandu à partir de l' Espagne et du Portugal à travers tout le bassin méditerranéen , tandis que les Juifs de Cochin Inde faisaient traditionnellement venir leurs livres saints du Yémen. Les communautés vraiment isolées, comme les Juifs de Chine , les Bene Israël de Bombay Inde ou les Falashas d'Éthiopie, ont fini par s'assimiler totalement Juifs de Chine , assez largement Bene Israël , ou par développer des formes religieuses très particulières Falashas.

Pour Paul Veynes, les Grecs avaient raison de croire en leurs mythes. Platon ou Aristote y croyaient en s'assurant de tout ce dont il était pour eux possible de s'assurer selon une raison qu'ils ont, semble-t-il, fort bien déployée.

Ils retranchaient des mythes ce qui devait être tenu pour invraisemblable, participant ainsi, par amendements et corrections, à la production de mythes crédibles. De même, aujourd'hui, nous faisons des sciences pour savoir les mythes qu'il faut croire. Paul Veyne propose donc que l'on abandonne les projets de critique des idéologies comme l'habitude de dénoncer le faux au nom d'un vrai, puisque le vrai est de toute façon l'assentiment que l'on donne en ce que l'on croit selon les raisons que l'on a d'y croire.

Il suffit de s'intéresser à ce qui est intéressant tout en considérant n'y a ni vrai ni faux, et il déclare à ce sujet: Jacques Bouveresse estime pour sa part que l'on ne renonce jamais sérieusement à la valeur du vrai.

Jacques Bouveresse, dénonce cette idée, et il considère qu'il y a tout lieu de s'attendre à ce que la décision de cesser complètement de se préoccuper de vérités et de la fausseté soit plus souvent répétée et proclamée comme slogan que supposée devoir être comprise sérieusement et appliquée concrètement [ 92 ]. Les sciences des religions ont été l'objet de nombreuses critiques ces dernières années tant de l'intérieur que de l'extérieur. Dans ce contexte quelques propositions qui prennent actes des problèmes soulevés ont été faites sur la façon dont pourraient se poursuivre des études scolaires et universitaires de la religion et des religions.

L'expression se trouve ainsi dans Les formes élémentaires de la vie religieuse de Émile Durkheim paru en , puis chez d'autres auteurs, par exemple chez Mircea Eliade en [ 94 ].

Elle a commencé à être remarquée comme titre d'un livre de Jean Delumeau en Ce livre donne la parole à divers religieux qui parlent de leur propre religion. Si l'on ne sait pas expliquer pourquoi ces faits sont dits religieux, ils ne peuvent pas non plus être niés ou ignorés sous prétexte qu'ils sont dits religieux.

L'émergence du thème des faits religieux et son enseignement est d'abord une affaire française, liée à la recherche universitaire sur les religions, mais aussi à la question de l'enseignement scolaire et de la laïcité. Il ne s'agit pas d'une définition mais d'une façon de qualifier en langue française les approches scientifiques des phénomènes religieux. En parlant d' enseignement du fait religieux , il parait plus clair qu'il ne s'agit pas de catéchèse [ 99 ].

Sacrifice d'un marcassin en Grèce Antique. Des sacrifices sont effectuées dans de nombreuses religions mais ils n'ont pas partout la même signification ni le même but. Moïse présentant les tables de la Loi. D'après un récit du livre de l'Exode qui parle de la révélation et du respect de la loi de Dieu.

Il existe peu d'images dans l'islam à cause d'un interdit visant à prévenir l'idolâtrie. Sur cette image, le visage de Mahomet n'est pas figuré.

L'inspiration de saint Matthieu , Le Caravage , Rome Matthieu écrit l'évangile sous la dictée d'un ange placé dans un drapé qui a la forme d'un cerveau.

Un visage voilé figure une forme de connaissance qui serait celle de la foi. L'Angélus , , Jean-François Millet. Prière marquant un temps de la journée au milieu des autres activités, le matin, le midi ou le soir.

Le Penseur de Rodin. Sculpture créée vers pour le sommet de La Porte de l'enfer. Claude Monet , La cathédrale de Rouen. Statue de Bahubali , saint jaïn , le plus grand monolithique au monde. Temple hindou de Khajuraho , dédié à Shiva. En mettant au jour la grande diversité de ces conceptions, leurs travaux ont contribué à démanteler davantage ce qui pouvait, il y a encore quelque temps, paraître pouvoir servir de théorie générale de la religion ou des religions.

Mais dans le même temps ils montrent les articulations ou les transitions entre des conceptions possibles, successives ou concurrentes, ce en quoi ils permettent d'envisager la reconstruction d'autres théories. Avec les travaux de ces chercheurs, quelques éclaircissements semblent pouvoir être apportés sur ce que l'on appelle le concept ou la notion de religion.

Il est au moins possible d'affirmer que l'idée selon laquelle il y aurait une essence ou une nature commune à toutes les religions est progressivement apparue à l'époque moderne.

Ceci n'exclut pas que l'idée moderne de religion ait des précédents et des racines dans ce qui précède. Mais le christianisme devra alors aussi être relu selon une approche large et différenciée, et non seulement à partir des formes confessionnelles nées avec les temps modernes. Lorsqu'il est question d'approche généalogique chez Pierre Gisel , il s'agit d'une généalogie des idées de religion et non pas des idées religieuses ou des religions elles-mêmes.

En effet, l' histoire des religions , des croyances ou des idées religieuses relève d'une conception de la religion que l'on suppose valable pour tout ce qu'il est possible d'appeler religion dans l'histoire, tandis que l'histoire des idées montre que la religion se conçoit de façons différentes selon les époques, les lieux et les auteurs.

Tandis que l'approche généalogique du concept de religion porte sur les idées de religion, la théorie des airs de famille porte sur les religions elles-mêmes. L'une et l'autre ne sont pas sans rapport car elles prennent toutes deux actes de la multiplicité des façons de concevoir ce qu'est une religion. Selon Jean-Marc Tétaz et Pierre Gisel , le problème concernant la définition du concept de religion est que l'on cherche parmi les différentes conceptions possibles de la religion laquelle pourrait être exemplaire ou normative, ou, à défaut, s'il est possible d'en trouver une qui les comprenne toutes.

La théorie des airs de famille est une transposition au domaine de l'étude des religions d'une théorie épistémologique de Wittegenstein. Il s'agit d'expliquer que l'on désigne une multitude de choses comme une seule alors qu'il est impossible de donner une définition qui convienne à chacune de ces choses prises séparément.

L'exemple classique pour expliquer cette théorie est celui du jeu qui avait été donné par Wittgenstein lui-même. Il existe toutes sortes de jeux, des jeux de mots, de mains, de société, d'enfants, d'argent, des jeux olympiques, etc.

Pour la religion, c'est la même chose [ ]. Étant admis qu'il n'y a pas une définition de la religion valable pour tout ce que l'usage a permis et permet aujourd'hui de comprendre comme des religions, le chercheur commence par n'importe quel cas singulier de religion, car il faut bien commencer quelque part.

Il voit ensuite comment il peut passer de proche en proche vers les autres cas. Un pluralisme religieux est un système politique capable de reconnaître et d'organiser la coexistence de choses telles que le bouddhisme, le christianisme ou l'islam. Ces pluralismes, qu'ils soient du monde musulman, de l'Inde ou de la Chine sont par certains aspects plus anciens que le pluralisme religieux européens et fonctionnent toujours aujourd'hui tout en ayant évolué sous l'influence des conceptions religieuses occidentales [ ].

Selon Vincent Goossaert, la mise en opposition de ces deux notions a introduit dans le paysage religieux chinois une distinction inconnue jusque-là. Cette opposition a d'abord conduit à renvoyer du côté de la superstition de nombreux éléments de la culture traditionnelle chinoise, tandis que depuis , le gouvernement Chinois reconnaît cinq religions officielles: Si depuis les années la politique religieuse de la Chine est plus souple, notamment vis-à-vis des groupes religieux qui n'entrent pas dans le cadre des cinq religions officielles, la liberté religieuse y reste la possibilité de pratiquer un culte dans le cadre établi par l'État et l'éventualité que ce qui n'y entre pas ne soit pas réprimé.

Cette inventions des religions moderne en Chine a eu lieu dans un contexte culturel capable de le recevoir mais qui en a été profondément transformé et qui reste marqué par une longue tradition de reconnaissance de religions d'un autre ordre que ce qui se conçoit comme des religions dans la modernité occidentale. Les interdictions étaient plutôt rares et brutales. Sur ces trois enseignements, seul le bouddhisme et le taoïsme sont officiellement reconnus comme des religions aujourd'hui en Chine.

L'attitude du gouvernement qui hier combattait le confucianisme et aujourd'hui le valorise, confirme cette dimension du confucianisme [ ]. D'autre part, les trois enseignements traditionnels n'avaient pas le statut de religions distinctes.

Les Occidentaux qui voient dans les temples chinois les statues des trois maîtres que sont Laozi, Confucius et Bouddha parlent de syncrétisme parce qu'ils envisagent ces enseignements comme des religions distinctes, mais cette idée est loin d'être une évidence dans la tradition chinoise.

Plutôt que de parler des religions chinoises en distinguant uniquement trois courants traditionnels, comme s'il s'agissait de confessions distinctes au sens où l'on parle de religions en Occident, il semble possible d'envisager la religion en Chine comme un ensemble organique de doctrines et de communautés qui présente une certaine cohérences d'ensemble et qui a un socle commun dans les trois enseignements.

Pour autant, ni la religion populaire, ni les trois enseignements ne se comptent comme des religions telles que celles requérant une adhésion exclusive. Le sous-continent indien possède un ensemble de traditions religieuses que l'on désigne aujourd'hui par le terme générique d'hindouisme. Outre l'hindouisme, ce pays compte de nombreuses religions. Des communautés juives et chrétiennes sont présentes en Inde depuis l'Antiquité, de même que le mazdéisme et le zoroastrisme venus de Perse.

Enfin, à l'époque moderne et encore aujourd'hui, se développe en Inde une multitude de courants philosophico-théologiques, de religions ou de sectes qui empruntent aux traditions religieuses antérieures ou se forme autour de gourous attirant des adeptes en Inde autant qu'à l'étranger. Bien que l'hindouisme paraissent beaucoup plus ancien que l'islam, la configuration actuelle de l'hindouisme doit beaucoup à ses reformulations modernes dans un rapport d'opposition mimétique à l'islam [ ].

La domination moghole sur le nord de l'Inde s'était traduite par la mise en place du système de la dhimma , originellement formé pour régler le statut des juifs et des chrétiens dans la société islamique, et adapté pour donner aux populations hindoues, chrétiennes, ou jaïn le statut de dhimmi. Mais ses successeurs sont revenus à la forme hiérarchique du système de la dhimma qui accorde aux musulmans des droits bien plus avantageux qu'aux autres.

L'hindouisme a lui aussi promu une forme de pluralisme religieux hiérarchisé. Avec leurs différences et leurs convergences, ces deux modèles hindou et musulman de pluralisme religieux tendent à consolider une structure communautariste de la société, chacun existant socialement par son appartenance au groupe, à la religion ou à la caste dans laquelle il naît. Cette appartenance communautaire détermine largement la vie des individus, leur profession, leur mariage, le lieu où ils peuvent vivre, etc [ ].

L'apport britannique à ce système est la codification et la systématisation de sa dimension juridique. Pour ce faire, des universitaires britanniques ont entrepris d'étudier des textes anciens hindous et musulmans. L'islam indien possède une tradition juridique largement documentée et assez unifiée sur laquelle il a été possible de s'appuyer pour proposer une version codifiée d'anciens textes de la charia. Pour les hindous ce sont les traités sur le dharma qui furent considérés comme la source du droit communautaire.

Ces textes, produits dans la caste brahmane, ne manifestent pas une doctrine unifiée, mais l'effort de compréhension d'un système juridique de l'hindouisme sous pression des colons britannique a favorisé et légitimé une version brahmanique de l'hindouisme comme étant l'hindouisme orthodoxe, renforçant ainsi la domination de la caste brahmane sur l'ensemble de la société et l'appartenance des individus à leur jâti ou caste [ ].

Aujourd'hui l'Inde reste en tension entre le modèle du droit communautaire hérité de l'histoire, et celui d'un régime politique laïque voulu par la constitution de Bien que cette constitution mette l'individu au centre de ses préoccupations et prévoie que la loi générale est valable pour tous, elle maintient aussi un système de droits communautaires, notamment pour les hindous et les musulmans qui peuvent s'en réclamer pour ce qui concerne la famille et les institutions religieuses [ ].

Son usage a commencé à se répandre à la suite de la publication par Monier-Williams de Hinduism en [ ]. Dans la mesure où il s'agirait d'abord d'une création d'universitaires britanniques, la notion d'hindouisme peut être vue comme exogène à l'Inde et, par là, inadéquate à la réalité envisagée sous ce terme. Cependant la considération de l'hindouisme comme d'une religion propre à l'Inde est aujourd'hui l'un des principaux ressorts d'un nationalisme hindou dans lequel est défendu le caractère parfaitement autochtone de ce qui se conçoit comme l'hindouisme.

Elle prend naissance dans la confrontation de la société traditionnelle et autochtone indienne à l'islam. L'étude de l'hindouisme est ainsi d'abord passé par celle des anciens textes sanskrits.

Celles-ci se répartissent en deux catégories d'ouvrages: La Shruti rassemble les Védas rédigés entre et av. Les Védas portent sur la nature divine, l'homme, le monde et leurs rapports. Les Brahmanas sont des textes philosophiques développant les intuitions fondamentales des Védas , tandis que dans leur prolongement les Upanishads sont tenus pour être l'expression la plus parfaite de la révélation divine [ ].

La Smriti est un ensemble d'écritures secondaires par rapport à la Shruti. L'unité de la Smriti tient à ce que son contenu est de l'ordre de ce dont on se souvient, de la mémoire ou de l'histoire. Elle comporte des poésies, des épopées et des histoires légendaires auxquelles s'adossent nombre de cultes et de pratiques rituelles hindoues, mais aussi les Darshanas qui présentent la façon dont se sont formés des diverses écoles ou points de vue philosophiques sur les Védas [ ].

La description de l'hindouisme pose de nombreuses difficultés, non seulement parce qu'il s'agit de la reprise en modernité de traditions pluri-millénaires, mais aussi par ce que l'hindouisme implique le plus souvent l'idée qu'il n'y a pas un seul point de vue vrai sur les choses.

L'idée est que différents aspects d'une même vérité peuvent être saisis correctement dans des points de vue qui paraissent cependant incompatibles lorsqu'ils sont confrontés les uns aux autres. L'hindouisme permet ainsi de considérer qu'un non-hindou se rapporte à la même vérité qu'un hindou parce qu'il le fait depuis sa propre tradition religieuse ou philosophique, chacun devant s'en tenir à ce qu'il lui est possible de penser selon le milieu de sa naissance. En ce sens l'hindouisme serait profondément pluraliste, ce qui fait qu'il n'est pas possible de le décrire comme un système de pensée homogène.

L'une des caractéristiques de l'hindouisme serait dès lors une tendance à intégrer et subordonner à son propre système des éléments divers, parfois étrangers, en les considérant comme sien.

Il est possible d'identifier trois formes principales de l'hindouisme actuel: L'hindouisme des Brahmanes relève des traditions écrites indiennes les plus anciennes qu'il tend à interpréter de façon orthodoxe mais sans homogénéité.

L'hindouisme populaire est celui massivement vécu dans les temples et les manifestations religieuses publiques. Bien que ces manifestations religieuses puissent être dirigées par des brahmanes très au fait des traditions et des textes, et que ces rites se rapportent souvent aux textes du Purana , il s'agit d'un hindouisme qui répond surtout de croyances populaires véhiculées sans soucis d'orthodoxie, ni connaissance des textes sacrés ou des systèmes philosophiques par ailleurs considéré comme essentiels à l'hindouisme.

Enfin l'hindouisme des sectes ou des nouveaux mouvements religieux indiens se développe tant en Inde qu'à l'international. Ces trois formes d'hindouisme sont en étroites relations les unes avec les autres, et se développent dans et par leurs rapports mutuels. Il en ressort une vision occidentalisée de l'hindouisme, appelée tantrisme , largement orientée sur les thématiques d'épanouissement personnel et sexuel.

L'hindouisme américanisé ou occidentalisé donne lieu à des réactions en Inde où l'on souligne le caractère offensant, erroné ou caricatural de compréhensions américaines ou occidentales de l'hindouisme. Ces réactions incluent des protestations contre l'utilisation des Tantras pour légitimer des obscénités, la caricature de l'hindou adorateur de vaches sacrées, ou encore contre l'insistance jugée exagérée dans les descriptions occidentales de l'hindouisme sur le système des castes et sur l'oppression de la femme [ ].

Elle pousse à considérer comme des religions indiennes ou hindoues, non seulement celles de ceux qui se revendiquent hindous, mais aussi les religions qui se fondent sur les textes védiques: Par contraste, l'islam et le christianisme sont vus comme des religions étrangères. La notion de dharma est centrale de la conception hindoue ou indienne du monde, de la société et de l'homme. Le terme dahrma n'a cependant pas une acception univoque, pas plus qu'il n'a d'équivalent satisfaisant dans les langues occidentales.

On le rend parfois par religion, mais cette notion recouvre aussi celles de droit ou de loi. L'équivalence aujourd'hui souvent établie entre la notion de religion et celle de dharma n'est pas tant une approximation d'observateurs extérieurs que le fait des hindous eux-mêmes. De ce fait, la notion de dharma reste aujourd'hui pensée dans la tension entre différents pôles: Ainsi, bien qu'il soit d'usage de s'appuyer sur les sources védiques anciennes pour penser aujourd'hui un dharma de toujours, l'hindouisme moderne, dans la mesure où il est présenté comme ce dharma , peut aussi être tenu pour la norme et la réalité objective.

Par ailleurs, cet hindouisme, même s'il se réfère à des sources autochtones de l'Inde, est apparu en modernité dans un contexte mondialisé. Il s'est formé en rapport aux autres religions et à ce qui se conçoit par ailleurs comme étant la religion.

Selon Madeleine Biardeau, dans les textes des brahmanes, le dahrma est un ordre socio-cosmique. La notion peut s'appliquer à l'Univers, à la société humaine dans son ensemble, à une caste, ou à la vie de chaque individu [ ]. Le dharma renvoie autant à l'ordre établi qu'aux conditions de son maintien. Il se traduit nécessairement par un système politique. En ce sens, les théories du dharma peuvent être celles de la structure sociale et politique de l'Inde, elles permettent en particulier de penser les castes.

Le dharma se décline ainsi dans la théorie des quatre castes héréditaires varna , adossée à celle des quatre stades de la vie âsrama , pour penser le monde, la société et la vie individuelle selon un ensemble de normes. Des théories du dharma permettent aussi de penser les jâti ou nombreuses castes avec le modèle du varnasrama dharma. Néanmoins ces théories n'ont pas toujours existé en Inde, elles sont apparues avec la royauté.

Elles sont ainsi historiquement situées et restent à tout moment de l'histoire liées aux formes des régimes politiques en place. De plus, elles sont le seul fait des castes supérieures où elles peuvent être discutées et ré-élaborées, sans qu'aucune adhésion soit requise, ni que quiconque puisse faire valoir une orthodoxie à ce sujet.

Chez les brahmanes, la société est hiérarchisée en castes et inclut toute la société dans cette hiérarchie, tandis que le développement de différents groupes communautaires autour d'une tradition particulière ou de gourous est porteur d'une conception égalitaire du pluralisme religieux dans la société indienne.

Un second point de divergence est la question de l'universalité du dharma. Dans l'hindouisme, le Bhârata , c'est-à-dire le territoire indien, est traditionnellement considéré comme le seul lieu d'accomplissement du dharma. Mais certains nouveaux mouvements religieux hindous ont aboli cette limite territoriale de l'hindouisme pour penser l'hindouisme comme une religion universelle. De cette façon est apparue une forme d'hindouisme universaliste et de grande visibilité internationale, qui transgresse cependant les limites territoriales et ethniques largement tenues pour intangibles dans l'hindouisme.

Enfin, les théories du dharma supposent très largement que la vie des individus soit déterminée par leur naissance. Cependant la possibilité de poser des actes volontaires est aussi reconnue. C'est notamment ce que font les ascètes ou sâdhu , en adoptant un style de vie qui n'est pas déterminé par leur naissance. Ils véhiculent ainsi souvent une notion de dharma davantage polarisée par les idéaux de liberté ou de libération individuelle que vers la défense de l'ordre établi et des déterminations de l'existence.

Le bouddhisme comptait en entre millions à millions d'adeptes, ce qui en fait la quatrième religion mondiale, derrière dans l'ordre décroissant le Christianisme, l'Islam, et l'Hindouisme. Le bouddhisme présente un ensemble ramifié de pratiques méditatives, de pratiques éthiques, de théories psychologiques, philosophiques, cosmogoniques et cosmologiques, abordées dans la perspective de la bodhi "l'éveil".

À l'instar du jaïnisme, le bouddhisme est à l'origine une tradition shramana, et non brahmanique comme l'est l'hindouisme.

On peut donc considérer le bouddhisme comme une religion sans dieu. La différence entre classification et typologie n'est pas toujours très nette dans la mesure où une typologie peut se concevoir comme un mode de classification. Les classifications des religions établies en histoire des religions ont longtemps eut en commun de supposer une essence ou une origine de la religion dans une forme unique de religion diversement considérée comme un concept, une religion naturelle, une religion de la nature ou une religion primitive.

Dès lors que l'on suppose une essence de la religion commune à toutes les religions, l'histoire des religions a pour but de comprendre et d'identifier les formes prises par la religion dans l'histoire, d'où l'intérêt de l'histoire des religions pour les typologies et les classifications. Mais, d'autre part, les sections de la classification sont des degrés de l'évolution historique. Dans le système hégélien, la religion est assimilée à l'activité de la raison dans l'histoire.

Ce concept de religion n'est pas seulement une façon de décrire la religion, il est un sujet qui agit: Comme tous les concepts de Hegel , celui de religion se décrit selon trois moments: Cette structure fondamentale du concept chez Hegel correspond à celle de la Trinité: L'histoire des religions se déroule entièrement au niveau de la religion déterminée. Cependant cette histoire n'est pas chronologique car les religions sont à tout moments des répétitions du même, se succédant ou se côtoyant comme autant d'effectivités de l'Idée de religion sans être autrement liées entre elles.

Hegel a structuré son cours en introduisant les religions dans un ordre progressif, plutôt que chronologique, vers la religion absolue. Plutôt qu'une supériorité du christianisme sur les autres religions, Hegel envisage le christianisme comme l'essence de toutes religions, considérant qu'elles sont toutes également vraies et révélées étant chacune l'effectivité d'un même concept de religion lui-même chrétien [ ]:.

Hume organise cette histoire autour des idées de polythéisme et de monothéisme, considérant que, dans l'histoire, la religion est passée progressivement du polythéisme au monothéisme. Cette idée d'une évolution religieuse de l'humanité du polythéisme vers le monothéisme devient un lieu commun de la pensée des religions à l'époque des Lumières. Max Müller accordait aussi une importance extrême aux problèmes de classifications des religions.

Cherchant à établir les principes et les méthodes de la science des religions, estimait qu'il s'agissait d'un lieu de vérification de la scientificité de l'étude des religions: Max Müller a envisagé une évolution religieuse de l'humanité différente de ce qu'avaient pensé les Lumières tout en reprenant les concepts de monothéisme et de polythéisme.

Il considérait que l'humanité avait d'abord été dans une forme de monothéisme relatif en un temps où elle ne formulait pas clairement ses conceptions religieuses.

Ce monothéisme initial se précise ensuite en diverses formes de religions dont celle du monothéisme absolu et celle du polythéisme. Pour décrire ces formes de religions plus évoluées, Müller a aussi introduit le concept de kathénothéisme , un intermédiaire entre le monothéisme et le polythéisme en ce qu'il est, pour Müller, la préférence pour un dieu sans exclure qu'il y en ait plusieurs.

Dans le kathénothéisme ou hénothéisme nom abrégé du même concept , ceux qui se rapportent à un dieu ne s'occupent que de lui et lui assignent tous les attributs de la divinité, mais le dieu auquel va la préférence du culte est susceptible de changer avec le temps.

Müller a précisé ce concept à partir de certaines formes de religion en Inde. Au-delà de sa formulation initiale par Müller, le concept d'hénothéisme a connu des fortunes diverses, parfois tenu pour un intermédiaire dans une échelle évolutive qui va du polythéisme vers le monothéisme, parfois tenu pour être la forme originelle de toute religion avant sa détermination en des monothéismes et des polythéismes.

Il est encore aujourd'hui utilisé dans le langage courant ou dans les statistiques, comme un mot fourre-tout désignant l'ensemble de ce qui, ne relevant pas des religions théistes s'appuyant sur des textes sacrés, est transmis par des traditions orales [ ]. Archélaüs, avec un grand accent de sincérité, répond qu'il lui remet sa fille pour l'unir à qui bon lui semble, sauf le seul Alexandre: Archélaüs se laissa fléchir à grand-peine, consentit à se réconcilier lui-même et réconcilia le père et le fils: De même, sur l'ordre du roi, tous les courtisans haut placés firent à Archélaüs des présents magnifiques.

Hérode et les plus puissants personnages l'escortèrent jusqu'à Antioche. Enquête dirigée contre les princes. C'était un Lacédémonien, appelé Euryclès [] , que le désir immodéré du gain introduisit par malheur dans le royaume, car la Grèce ne suffisait pas à ses besoins de luxe. Il circonvint donc le roi par ses flatteries, ses discours habiles et les éloges mensongers qu'il faisait de lui.

Aussi fut-il bientôt accueilli comme un ami éprouvé, et Alexandre le mit aussi en rapport avec son frère Aristobule. Prenant tour à tour tous les visages, il s'insinuait de façons diverses auprès de chacun: Au premier il faisait honte de négliger, lui l'aîné, les intrigues de ceux qui complotaient contre ses espérances, à Alexandre, de laisser, lui fils et époux d'une princesse royale, succéder au trône un fils de bourgeoise, alors surtout qu'il avait en Archélaüs un si solide appui.

Le jeune prince, trompé par la liaison fictive d'Euryclès avec Archélaüs, croyait trouver en lui un conseiller digue de confiance. Euryclès feignit de s'apitoyer et de partager sa douleur. Ses ruses arrachèrent à Aristobule des confidences semblables. Largement payé pour ces rapports, il s'empressa d'aller chanter la louange d'Antipater auprès de son père. Finalement, se chargeant de l'entreprise de faire mourir Aristobule et Alexandre, il vint les accuser auprès d'Hérode.

Admis en sa présence, il déclara qu'il venait lui apporter la vie pour prix de ses bienfaits, la lumière du jour en échange de son hospitalité. A en croire Alexandre, non content d'avoir régné sur un peuple auquel tu étais étranger, et, après le meurtre de leur mère, morcelé l'héritage de cette princesse, tu as désigné encore pour successeur un bâtard et livré [] à ce fléau d'Antipater le royaume qu'ils tenaient de leurs aïeux.

Chaque jour multiplie ses motifs d'irritation, puisqu'aucun propos sorti de sa bouche n'échappe à la calomnie. Fait-il l'éloge de son père? S'il frappe, il trouvera des protecteurs puissants: On ne le verra pas, comme naguère, comparaître tout tremblant devant l'empereur, par crainte de son père présent à l'entretien, ni répondre seulement sur les crimes dont on l'accuse: Le roi, mal remis de ses précédentes émotions, entra dans une colère implacable.

Antipater, saisissant à son tour l'occasion, envoya contre ses frères d'autres accusateurs, qui affirmaient que les princes avaient de secrets entretiens avec Jucundus et Tyrannus, naguère hipparques [] dans l'armée du roi, mais qui, à la suite de quelques fautes, avaient dû quitter leurs charges. Cette nouvelle porta à son comble l'indignation d'Hérode, et il fit aussitôt mettre ces deux hommes à la torture.

Ils n'avouèrent aucun de leurs prétendus crimes [] , mais on produisit une lettre d'Alexandre adressée au gouverneur d'Alexandrion, l'invitant à les recevoir dans la place lui et son frère Aristobule, quand ils auraient tué leur père, et à les fournir d'armes et d'autres ressources. Quant au gouverneur, à qui on appliqua la torture, Hérode n'obtint de lui aucun aveu sur les faits allégués.

Celui-ci, devançant les nouvelles exactes de ses exploits, courut alors en Cappadoce, où il extorqua encore de l'argent à Archélaüs, en osant lui raconter qu'il avait réconcilié Hérode avec Alexandre. De là, il partit pour la Grèce, où il employa l'argent mal acquis à des entreprises non moins mauvaises. Deux fois accusé devant César de troubler la province d'Achaïe et de dépouiller les villes, il dut s'exiler. Il n'est pas sans intérêt d'opposer à la conduite de ce Spartiate celle d'Euaratos de Cos.

Cependant ce témoignage ne fut d'aucun secours aux infortunés, car Hérode ne prêtait une oreille facile qu'aux médisances et n'accordait sa faveur qu'à ceux qui partageaient sa crédulité et son indignation.

Les princes aux fers. Auguste donne carte blanche à Hérode. Affaires du soldat Tiron et du barbier Tryphon. Aristobule, dont elle était la belle-mère et la tante, voulant l'associer à leurs périls, lui manda avec insistance de veiller à son propre salut, car le roi, disait-il, méditait de la faire mourir, sous l'accusation déjà précédemment dirigée contre elle: Ce fut là le dernier coup de vent qui acheva de submerger les jeunes princes, battus par la tempête.

Salomé courut chez le roi et lui dénonça l'avis qu'elle avait reçu. Alors Hérode, sa patience à bout, fit mettre aux fers ses deux fils, les isola l'un de l'autre et envoya en hâte auprès d'Auguste le tribun [] Volumnius et Olympos, un de ses amis, porteurs d'un réquisitoire écrit contre les princes.

Il répondît donc à Hérode qu'il était le maître, que, cependant, il ferait bien d'examiner ce complot avec le conseil commun de ses propres parents et des administrateurs romains de la province: Il se transporta à Beryte, lieu que César lui avait désigné, et il y réunit le tribunal.

Quant à ses fils, Hérode ne les fit pas comparaître: Ils furent donc retenus sous bonne garde au bourg de Platané, dans le territoire de Sidon. Ensuite, personne ne contredisant, il fondit en gémissements, comme un homme qui se condamnait lui-même et qui remportait sur ses enfants une douloureuse victoire, puis il demanda l'avis de chacun.

Saturninus opina le premier: Ses deux légats [] votèrent dans le même sens, et quelques autres les suivirent. Ce fut Volumnius qui inaugura la sentence impitoyable: Dès lors, toute la Syrie et la Judée furent dans des transes, attendant le dénouement du drame: Lui, cependant, traîna ses fils jusqu'à Tyr, et, passant par mer à Césarée, chercha là de quelle façon il les exécuterait.

Dans l'excès de son indignation, il perdit la raison. D'abord, courant çà et là, il s'écriait que le droit était foulé aux pieds, la vérité morte, la nature confondue, le monde rempli d'iniquité, et autres discours que la douleur suggérait à un homme indifférent a la vie.

Enfin il se présenta devant le roi et lui tînt ce langage: Ce disant, Tiron nommait les mécontents. Là-dessus le roi les fit arrêter aussitôt, mais aussi Tiron et son fils. En entendant ces mots, Hérode ordonne de soumettre à la question Tiron, son fils et le barbier, et comme les premiers niaient tout et que le barbier n'ajoutait rien à son témoignage, il commanda de torturer Tiron plus sévèrement encore. Alors, pris de pitié, le fils offrit au roi de tout raconter s'il voulait épargner son père.

Il envoya ensuite ses fils à Sébasté, ville peu éloignée de Césarée, et ordonna de les y étrangler. Telle fut la fin d'Alexandre et d'Aristobule [].

Mariages de Salomé, de ses filles et des filles de Mariamme. Il se sentait, en outre, envahi par une crainte démesurée quand il voyait grandir les enfants de ses victimes. Il gagna aussi Phéroras par des présents et d'autres attentions, et les amis de César en envoyant à Rome des sommes considérables.

En particulier, tout l'entourage de Saturninus, en Syrie, fut comblé de ses libéralités. Cependant, plus il donnait, plus on le haïssait, car on sentait que ses largesses ne venaient pas de sa générosité, mais de la crainte. Ceux qui recevaient n'en étaient pas plus bienveillants, ceux qu'il négligeait devenaient des ennemis plus implacables. Cependant il accroissait encore l'éclat de ses distributions, en voyant le roi, au mépris de ses espérances, prendre soin des orphelins et témoigner ses remords du meurtre de ses fils par les marques de pitié qu'il prodiguait à leurs enfants.

Si j'ai été le plus infortuné des pères, j'essaierai du moins de me montrer un aïeul plus tendre, et je veux leur laisser pour guides, après moi, ceux qui me sont le plus chers. Il considérait encore la haine du peuple pour lui-même, sa pitié pour les orphelins, le zèle que les Juifs avaient témoigné à ses frères vivants, le souvenir qu'ils leur gardaient maintenant qu'ils étaient morts sous ses coups: Il le conjura donc, puisqu'il avait dans son palais une nombreuse descendance, de modifier ces mariages.

Le roi eut, en effet, neuf épouses [] , qui lui donnèrent sept enfants: Deux autres de ses femmes n'eurent pas d'enfants: Vu le grand nombre de ces enfants, Antipater demandait de changer l'ordre des mariages.

Phéroras refuse de divorcer. Antipater se fait envoyer à Rome. Exil et mort de Phéroras. Il se produisit aussi à la cour une conjuration de femmes, qui suscita de nouveaux troubles. Seule, Salomé s'opposa résolument à cette ligue et la dénonça au roi comme une association contraire à ses intérêts.

Quand les femmes apprirent cette dénonciation et la colère d'Hérode, elles cessèrent de se réunir ouvertement et de se montrer une affection mutuelle: Mais elles continuèrent à tenir des conciliabules secrets et des festins nocturnes, et la surveillance dont elles étaient l'objet resserrait leur accord. Cependant Salomé n'ignorait aucun détail de cette conduite et rapportait tout à Hérode.

Il convoqua donc une réunion de ses amis et parents et accusa cette créature d'une foule de méfaits, entre autres d'avoir insulté les filles du roi, fourni des subsides aux Pharisiens contre lui [] , aliéné son frère en l'ensorcelant par un breuvage. Comme conclusion, il interpella Phéroras, l'invitant à choisir entre deux partis: Phéroras répondit qu'il renoncerait plutôt à la vie qu'à sa femme. Hérode, ne sachant que faire, se retourna vers Antipater et lui défendit d'avoir désormais aucun commerce avec la femme de Phéroras, ni avec Phéroras lui-même, ni avec personne de leur coterie.

Antipater se conforma ostensiblement à cet ordre, mais en secret et de nuit il continua à voir cette société. Craignant toutefois l'espionnage de Salomé, il prépara, de concert avec ses amis d'Italie, un voyage à Rome. Ceux-ci écrivirent au roi qu'il fallait bientôt envoyer Antipater auprès de César: Hérode le fit partir incontinent avec une suite brillante, lui confiant une somme d'argent considérable et un testament où le roi déclarait Antipater son successeur et lui donnait comme successeur à lui-même Hérode, né de Mariamme, fille du grand-prêtre [].

Il avait aussi une grave contestation avec Arétas, son propre souverain, car il avait mis à mort nombre d'amis de ce prince, et, entre autres, Sohémos, un des plus puissants personnages de Pétra [].

Il sut gagner à gros prix Fabatus, intendant de César [] , et trouva en lui un auxiliaire, même contre Hérode. Cependant Hérode fit à Fabatus des dons encore plus considérables, le détacha ainsi de Sylléos et, par son ministère, tâcha de faire rentrer l'amende infligée à Sylléos par Auguste. Mais Sylléos ne voulut rien payer: Il le fit arrêter aussitôt et avec lui deux autres Arabes qu'il avait trouvés à ses côtés, l'un ami de Sylléos, l'autre chef de tribu.

Mis à la torture, ces hommes avouèrent que Corinthos les avait engagés, par de fortes sommes, à tuer Hérode. Ils furent examinés encore par Saturninus, gouverneur de Syrie, et envoyés à Rome.

Phéroras, acceptant patiemment cette avanie, se retira dans sa tétrarchie, jurant que le seul terme de son exil serait la mort d'Hérode et que jamais, du vivant de celui-ci, il ne retournerait auprès de lui. Cependant le roi guérit contre tout espoir, et, peu après, Phéroras tombait malade. Hérode, moins entêté que son frère, vint le trouver et lui prodigua des soins affectueux.

Mais il ne put triompher du mal, et Phéroras mourut au bout de quelques jours. Malgré l'affection qu'Hérode eut pour lui jusqu'à la fin, le bruit se répandit qu'il l'avait, lui aussi, empoisonné. Il fit transporter le corps à Jérusalem, ordonna un grand deuil à tout le peuple et l'honora des funérailles les plus pompeuses []. Hérode découvre que Phéroras a été empoisonné par Sylléos. Révélations des femmes de Phéroras touchant Antipater. Bientôt l'auteur principal de ce crime, Antipater, tomba à son tour, par une conséquence lointaine de la mort de Phéroras.

Une de ces dernières s'écria au milieu des douleurs: La femme dévoila alors l'amitié de la mère d'Antipater pour Phéroras et les dames de sa famille, leurs rencontres clandestines: D'autre part Hérode fit torturer séparément toutes ces esclaves.

Si même Hérode se décidait à mourir - et quand cela serait-il? Son père ne lui avait-il pas ravi même l'espérance qu'il avait fondée sur ses enfants? Ne lui avait-il pas assigné pour héritier, non pas un de ses propres fils, mais Hérode, le fils de Mariamme II?

Ce père, le plus dénaturé qui fut jamais, haïssait encore plus son frère que ses enfants. L'autre jour encore, il avait donné à Antipater cent talents pour ne plus s'entretenir avec Phéroras: Voyons-nous donc maintenant en secret: Quant aux femmes de Phéroras, une fois torturées, il se réconcilia avec elles et leur prodigua ses soins.

Mais tremblant de frayeur et s'enflammant au moindre soupçon, il faisait traîner à la question nombre d'innocents, dans sa crainte que quelque coupable ne lui échappât. Le roi envoya chercher cette femme et lui commanda d'apporter sur-le-champ ce qu'on lui avait confié.

Quand tu étais assis en pleurant auprès de Phéroras mourant, il m'appela pour me dire: Le roi punit sur le fils l'audace de la mère: Hérode, qu'il avait donné pour successeur à Antipater, fut rayé de son testament. Ce personnage arriva avec un second poison, composé de venin d'aspic et des sécrétions d'autres serpents, dont Phéroras et sa femme devaient s'armer contre le roi, si le premier manquait son effet. Par un surcroît de perfidie contre Hérode, Antipater avait remis à cet homme des lettres astucieusement rédigées contre ses frères, Archélaüs et Philippe.

Ces fils du roi, qu'il faisait élever à Rome, étaient déjà des adolescents pleins de hautes pensées. Pendant son séjour à Rome, comme il avait dû payer très grassement ceux qui écrivaient contre ses frères, il se préoccupa de dépister les recherches qu'on pourrait en faire. A cet effet, il acheta de riches vêtements, des tapis variés, de la vaisselle d'argent et d'or et beaucoup d'autres objets précieux, afin de pouvoir dissimuler, dans l'énorme total de ces dépenses, le salaire payé pour l'autre affaire.

Il consigna une dépense totale de deux cents talents, dont le plus fort était mis au compte de son procès avec Sylléos. Toutes ces fourberies, même les moindres, furent alors découvertes en même temps que son grand forfait. Tant était forte la haine que tous lui portaient! Peut-être y en eut-il qui avaient l'intention de lui apprendre ces nouvelles, mais les mânes de ses frères, tués par lui, leur fermèrent la bouche. Il écrivit donc de Rome, annonçant avec joie son prochain départ et les honneurs que César lui faisait en le congédiant.

S'il faisait diligence, disait Hérode, il pourrait faire oublier les griefs qu'on avait contre sa mère, car Antipater n'ignorait pas que celle-ci eût été répudiée. Précédemment Antipater avait reçu à Tarente la lettre lui annonçant la mort de Phéroras, il avait donné de très grandes marques de deuil. Puis la peur le prenait au souvenir de ses machinations: Il reçut en Cilicie le message de son père dont nous venons de parler et hâta aussitôt son voyage.

Cependant, en débarquant à Celenderis [] , la pensée lui vint de la disgrâce de sa mère, et son âme eut une vision prophétique de sa propre destinée.

Les plus prévoyants de ses amis lui conseillèrent de ne pas aller retrouver son père avant de savoir clairement les raisons pour lesquelles Hérode avait chassé sa mère: Persuadé par ces discours ou plutôt poussé par sa destinée, Antipater continua sa route et débarqua au port d'Auguste, à Césarée.

De plus, la crainte du roi intimidait grand nombre de gens, toutes les villes étaient remplies de rumeurs annonçant une disgrâce qu'Antipater était seul a ignorer: Cependant Antipater, devinant les tragédies qui s'étaient déroulées au palais, dissimulait encore par une habileté scélérate.

D'ailleurs, il n'y avait plus moyen de fuir, d'échapper aux dangers qui l'entouraient. Même alors, il ne reçut aucune nouvelle certaine de ce qui se passait au palais, tant les menaces du roi jetaient l'épouvante ; et il gardait encore un rayon d'espoir: A l'intérieur se trouvait Varus, gouverneur de Syrie [] , Antipater entra chez son père et, payant d'audace, s'approcha de lui pour l'embrasser.

Mais le roi, tendant les bras pour l'écarter et détournant la tête: Sois maudite, tête sacrilège ; n'ose pas me toucher avant de t'être disculpé. Je t'accorde un tribunal et, pour juge, Varus, qui vient ici fort à propos. Le prince, stupéfait, se retira sans pouvoir rien répondre, puis sa mère et sa femme [] vinrent le trouver et lui rapportèrent en détail toutes les preuves rassemblées contre lui.

Alors il se recueillit et prépara sa défense. Découverte du faux Antipater contre Salomé. Quand ceux-ci et les autres eurent été introduits, Antipater entra et tomba prosterné aux pieds de son père: Mais je crains que ma destinée ne vous semble aussi digne de haine et que vous ne me jugiez digne de tous les malheurs pour avoir engendré de tels fils. Plaignez-moi plutôt d'avoir été un père tendre envers de pareils misérables. Ceux que précédemment j'avais tout jeunes désignés pour le trône, que j'avais fait élever a grands frais à Rome, introduits dans l'amitié de César, rendus pour les autres rois un objet d'envie, j'ai trouvé en eux des traîtres.

Leur mort a surtout servi les intérêts d'Antipater: C'est ainsi qu'il me récompensait de l'avoir rappelé de la campagne où il était relégué, d'avoir écarté les fils nés d'une reine, pour l'appeler à ma succession!

Je confesse, Varus, ma propre démence. Ces fils, je les ai excités contre moi en retranchant, dans l'intérêt d'Antipater, leurs justes espérances. Quand leur ai-je jamais fait autant de bien qu'à celui-ci? Et quel crime les autres ont-ils commis comparable à celui d'Antipater? Quelle preuve fut portée contre eux aussi décisive que celle qui établit sa trahison?

Pourtant le parricide ose parler, il espère, une fois de plus, étouffer la vérité sous ses mensonges! Quand je me rappelle, Varus, dans chaque circonstance, sa fourberie et son hypocrisie, je doute de ma propre existence et m'étonne d'avoir pu échapper à un traître aussi profond.

Alors Antipater, qui jusque-là était resté prosterné aux pieds de son père, releva la tête et s'écria: Comment serais-je parricide, moi qui, de ton aveu, t'ai toujours servi de gardien? Tu appelles artifice et feinte ma piété filiale. Comment donc moi, si rusé en toute occasion, aurais-je été assez insensé pour ne pas comprendre qu'il était difficile de dissimuler aux hommes mêmes la préparation d'un pareil forfait et impossible de le cacher au Juge céleste, qui voit tout, qui est présent partout?

Est-ce que, par hasard, j'ignorais la fin de mes frères, que Dieu a si durement punis de leur perfidie envers toi? Et puis, quel motif aurait pu m'exciter contre toi? Le soupçon de ta haine? Avais-je quelque autre raison de craindre? En admettant que je fusse né le plus scélérat de tous les hommes et que j'eusse l'âme d'une bête féroce, n'aurais-je pas été, mon père apprivoisé par tes bienfaits?

O le funeste voyage, cause de mon malheur! Mais ce voyage, je l'ai entrepris dans ton intérêt, mon père, pour soutenir ton procès et empêcher Sylléos de mépriser ta vieillesse. Prends, mon père, cette lettre de lui. Elle mérite plus de créance que les calomnies qu'on répand ici: Et toi, mon père, tu m'as perdu, malgré toi, en m'obligeant à laisser ainsi le champ libre à la haine et à la calomnie.

Me voici enfin présent pour réfuter mes accusateurs: Dieu m'a condamné, et toi aussi, mon père. Apportez contre moi le feu! Fouillez mes entrailles avec le fer! N'avez aucune pitié de ce corps impur! Ces exclamations, mêlées de gémissements et de larmes, excitaient la pitié de tous et notamment de Varus: Il ajouta que celui-ci ourdissait la perte de ceux qui restaient, les soupçonnant de guetter la succession: Arrivant ensuite aux preuves de l'empoisonnement, il exposa successivement tous les témoignages: Après avoir ajouté nombre d'autres griefs et arguments, il mit fin à sa harangue.

Le prince se borna à dire que Dieu était témoin de son innocence et resta étendu, sans parler. Alors le gouverneur demanda le poison et en fit boire à un prisonnier, condamné à mort, qui rendit l'âme sur le champ. Après quoi, Varus s'entretint secrètement avec Hérode, rédigea son rapport à Auguste, et partit au bout d'un jour.

Le roi fit mettre aux fers Antipater et envoya des messagers à César pour l'informer de cette catastrophe. Un des serviteurs d'Antiphilos vint de Rome, apportant des lettres d'une suivante de Livie, nommée Acmé. Ces lettres de Salomé, qui contenaient les injures les plus cruelles envers le roi et un long réquisitoire, Antipater les avait forgées, et il avait persuadé Acmé, en la soudoyant, de les envoyer à Hérode.

Il fut convaincu de ce faux par une lettre que lui écrivait cette femme en ces termes: Mais au moment où il se préparait à sévir contre Antipater, il fut atteint d'une grave maladie: Lecture de son testament. Cependant sa maladie allait s'aggravant, comme il était fatal d'une indisposition survenue chez un vieillard démoralisé.

Car il avait déjà presque soixante-dix ans, et ses malheurs domestiques l'avaient tellement abattu que, même en bonne santé, il ne jouissait plus d'aucun des plaisirs de la vie. Sa maladie s'exaspérait à la pensée qu'Antipater était encore vivant, car il avait décidé de le mettre à mort, non pas à la dérobée, mais lui présent et rétabli.

Il y avait dans la capitale deux docteurs qui passaient pour fort experts dans les lois des ancêtres et qui, pour cette raison, jouissaient dans toute la nation d'une très grande renommée: Ses docteurs expliquaient les lois devant un nombreux auditoire de jeunes gens et, tous les jours, ils réunissaient ainsi une véritable armée d'hommes à la fleur de l'âge.

Quand ils surent que le roi se consumait de chagrin et de maladie, ils firent entendre confidentiellement à leurs amis que le moment était venu de venger Dieu et de détruire les ouvrages élevés au mépris des lois nationales. Il était, en effet, interdit de placer dans le Temple des images, des bustes ou des représentations quelconques d'êtres vivants. Or, le roi avait fait ériger au-dessus de la grande porte du Temple [] un aigle d'or: Le préfet du roi, aussitôt informé, accourut avec un fort détachement, arrêta environ quarante jeunes gens et les conduisit devant le roi.

Hérode leur demanda d'abord s'ils avaient osé abattre l'aigle d'or. Il se fit porter dans l'assemblée [] et y prononça un long réquisitoire contre ces hommes: Le peuple, craignant que les poursuites ne s'étendissent démesurément, pria le roi de se borner à punir les machinateurs de l'entreprise ainsi que ceux qui avaient été arrêtés en flagrant délit, et de détourner sa colère des autres.

Il se trouva des prophètes pour dire que ces douleurs étaient le châtiment du supplice des docteurs. Pourtant le roi, luttant contre tant de souffrances, s'accrochait à la vie, espérait la guérison et imaginait remède sur remède. C'est ainsi qu'il passa de l'autre côté du Jourdain pour prendre les bains chauds de Callirhoé []: Là les médecins furent d'avis de réchauffer tout son corps dans l'huile chaude: Le tumulte et les cris de ses serviteurs le firent revenir à lui, mais, désespérant désormais de sa guérison, il ordonna de distribuer cinquante drachmes par tête aux soldats et des sommes considérables aux officiers et à ses amis.

Là, vomissant déjà de la bile noire. Il fit rassembler dans l'hippodrome des citoyens notables de tous les bourgs de la Judée et ordonna de les y mettre sous clef. Cette nouvelle lui rendit un moment de sérénité, mais ensuite, torturé par le manque de nourriture et une toux convulsive, vaincu par la douleur, il entreprit de devancer l'heure fatale.

Cependant Achab, son cousin, accourut assez vite pour retenir son bras et arrêter le coup. Aussitôt de grands gémissements s'élevèrent dans le palais, comme si le roi était mort.

Lorsqu'Antipater les entendit, il reprit courage, et, plein de joie, supplia ses gardes, en leur promettant de l'argent, d'enlever ses chaînes et de le mettre en liberté. Leur officier, non seulement s'y opposa, mais courut raconter au roi cette tentative.

Celui-ci poussa un cri qu'on n'eût pas attendu d'un malade et envoya aussitôt ses gardes tuer Antipater. Il fit ensevelir le cadavre à Hyrcanion. Après cela, il modifia encore son testament: Il expira après un règne de trente-quatre ans à compter du jour, où, Antigone mort, il devint le maître, trente-sept depuis le jour où les Romains l'avaient nommé roi [].

Après leur départ, les deux époux annoncèrent la mort aux soldats et les réunirent en assemblée avec le reste du peuple dans l'amphithéâtre de Jéricho.

Après cette lettre, Ptolémée brisa les cachets des codicilles et en donna lecture: Ensuite on s'occupa des funérailles du roi.

Archélaüs n'épargna rien pour qu'elles fussent magnifiques. Il étala tous les ornements royaux qui devaient accompagner le mort dans sa tombe. Sur un lit d'or massif, constellé de pierreries, était jeté un tapis de pourpre brodé de couleurs variées: Autour du lit marchaient les fils d'Hérode et la foule de ses parents, et après ceux-ci les gardes, les mercenaires thraces, germains et gaulois, tous dans leur équipement de guerre.

Le corps fut ainsi transporté sur un parcours de stades [] jusqu'à, Hérodion, où il fut enseveli comme le roi l'avait prescrit. Ainsi finit le règne d'Hérode. Pour la rédaction grecque du Bellum Josèphe eut des collaborateurs C.

Eusèbe et Niese , sont indispensables. C'est qu'en effet les Synoptiques ont été rédigé sous l'impression récente de la ruine de Jérusalem.

La Mishna Kélim, I, 8 parait bien énumérer sept zones de ce genre: Olilzki, Flavius Josephus und die Halache, I. Kohout l'a traduit exactement , mais non Whiston I will begin… with what I call my first chapter! On notera particulièrement les points suivants: En général, le récit de Guerre donne aux événements une tournure plus profane. Quant à la source du récit de la Guerre, ici comme pour toute l'histoire des Hasmonéens, c'est incontestablement un historien grec Nicolas de Damas, comme le prouvent les allusions répétées à Hérode?

Les erreurs sur la chronologie des Séleucides peuvent être imputées à son étourderie. Ce traité s'il est authentique ne se place que sous Démétrius C'est probablement à ce dernier traité Ant. On voit que Josèphe, guidé par un historien grec, n'attribue aux premiers Asmonéens que le caractère de chefs militaires et profanes.

En réalité, la domination macédonienne durait depuis ans. Les deux récits coïncident presque mot pour mot et dérivent donc d'une même source païenne. La fin est presque identique dans les deux. Hyrcan en mort en ou av. Les deux récits sont presque identiques et copient le même original, mais les renseignements précis de Ant. Ces deux chiffres sont également erronés, mais celui des Ant. Destinon, Chronologie des Josephus Kiel, , prog. Ni ici ni dans les Antiquités , Josèphe ne dit explicitement qu'elle épousa Alexandre Jannée.

Ptolémée Lathyre, chassé d'Égypte par sa mère, régnait à Chypre, et c'est là qu'il se retira après sa campagne de Palestine. On doit donc soupçonner ici une faute de texte: Ces événements se placent en 70 av. Ce dernier sens, plus alexandrin, est aussi plus vraisemblable. Le récit de Guerre est par moments plus détaillé que celui des Antiquités.

Voir la note sur Ant. Pour la différence des deux listes, voir ma note ad locum. Ici et dans Ant. Niese et Naber préfèrent cette dernière leçon. Dans le passage correspondant des Ant. Antipater, leur compatriote, dut les gagner sans peine.

Le récit de Guerre est plus développé. Hyrcan n'avait que le titre d'ethnarque. Si l'on compte depuis Pharsale 9 août 48 jusqu'au 15 mars 44 ; le chiffre de 7 mois est plus exact. Aux troupes confiées à Hérode, le texte d'Ant.

Voir d'ailleurs infra, XII, 4. XIV, 14, 6 à 15, 3. Malheureusement le site de Gittha Gath? C'est Pappos, en effet, qui était campé près d'Isana Ant. Pour le supplice d'Antigone, cf. On a remarque avec raison que Josèphe s'exprime plus durement sur le compte d'Antigone dans la Guerre. La leçon d'autres manuscrits L V R G signifierait: P A donnent le sens contraire: La prise de la ville paraît être de juin 37 av.

Dion la place à tort XLIX, 22 en Texte et sens très douteux. Artabaze Artavasde était roi d'Arménie et nullement Parthe; Josèphe paraît le confondre avec son homonyme, roi des Mèdes. Nous avons déjà signalé la grande différence de la harangue d'Hérode dans les deux récits. A partir de cette époque, qui eqt celle de la consolidation définitive de la royauté d'Hérode, le récit de Guerre s'écarte de l'ordre chronologique suivi par les Antiquités, pour adopter un ordre méthodique.

Hölscher Qullen des Josephus etc. Ce comput était sans doute destiné à remplacer celui des Olympiades. La date est celle du commencement des travaux. Le sens ne paraît pas douteux, malgré les traducteurs ; un témenos d'un rayon de un stade était déjà considérable. Pas de parallèle exact dans Ant. Le Temple d'Hérode comportait de nombreuses portes, les unes donnant accès à la cour extérieure, les autres à la cour intérieure ; on ignore de quelle porte il s'agit ici.

Le premier Hérodium, sur la frontière d'Arabie, parait être mentionné Ant. Le site en est inconnu ; l'identité avec Machérous, proposée par Schlatter, est sans vraisemblance. Pour les présents d'Hérode à Samos, cf. Le texte de Guerre est ici plus complet et parait reproduire littéralement un développement oratoire de Nicolas. Schürer, I 3 , p. Dans le texte parallèle des Ant.

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