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Épidémiologie du sida

Deux tiers des Indiens restent en Afrique du Sud après la fin de leur contrat [ 15 ]. Apartheid , sur Wikimedia Commons.

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Cette ligue de jeunesse se révèle vite plus radicale que son aînée dans son mode d'expression, partisan de manifestations de masse pour faire aboutir les revendications d'égalités raciale et politique de la majorité noire [ 54 ]. Elle conteste notamment le bilan de ses aînés, plaide pour une émancipation morale vis-à-vis du paternalisme blanc et pour l'affirmation d'un nationalisme sud-africain noir, débarrassé de ses oripeaux ethniques [ 55 ].

Le rebondissement des problèmes raciaux intervient au sortir de la Seconde Guerre mondiale , époque où la totalité de la population urbaine noire dépasse pour la première fois celle de la population urbaine blanche pour atteindre 1,5 million de personnes [ 56 ]. En , Xuma formalise son alliance avec le Congrès indien du Natal et le Congrès indien du Transvaal du docteur Yusuf Dadoo , afin de présenter un front uni, dépassant les clivages raciaux, face à la classe politique blanche.

Cette victoire du parti national consacre aussi celle du Broederbond , une société secrète fondée en et consacrée exclusivement à la promotion des Afrikaners dans la société civile. Il devient la pierre angulaire de la politique nationale sud-africaine en s'insérant dans une philosophie précise, fixe, permanente et immuable, bien éloignée de l'ancien concept du Colour Bar [ 61 ]. Malan ne s'était jamais passionné pour les questions relatives aux autochtones d'Afrique du Sud [ 62 ].

Pour lui, la priorité était de pallier la pauvreté des petits Blancs, qu'elle soit matérielle ou spirituelle [ 63 ]. Il considère notamment que l'équilibre racial en Afrique du Sud repose sur un accord tacite entre Noirs et Blancs fondé sur le respect et l'exemplarité que ceux-ci doivent inspirer.

C'est pourquoi, régler le problème des Blancs pauvres doit aussi permettre, selon lui, de gérer la question autochtone [ 64 ]. Dans un premier temps, Malan confie le ministère des affaires indigènes à un pragmatique modéré, Ernest George Jansen , qui maintint la tradition libérale du Cap et se montre plus préoccupé par la réhabilitation des réserves ou la pénurie de logements dans les townships [ 62 ].

En 10 ans, près de personnes seront condamnés en vertu de cette loi. Mise à part Margaret Ballinger , la représentante au parlement des populations de couleur du Cap, cette législation ne rencontre guère d'opposition et laisse indifférente la grande majorité de la population blanche [ 66 ]. Ce texte fondamental, pilier de toutes les autres lois d'apartheid, est la loi d'enregistrement de la population Population Registration Act , adoptée en qui institutionnalise la classification raciale pour chaque habitant du pays âgé de plus de 16 ans en définissant 4 principaux groupes raciaux Blancs , Coloureds , Noirs , asiatiques et établissant des critères d'appartenance raciale.

Ce texte de référence allait être le support de tous les autres textes législatifs et réglementaires relatifs à l'apartheid. Ainsi en découlent les textes sur l'habitat Group Areas Act , l'enseignement Bantu Education Act , les mouvements des personnes, l'emploi et tout ce qui concerne la vie sociale.

Il s'agit pour les nationalistes de freiner le processus d'urbanisation des Noirs et de contrôler les transactions immobilières et l'occupation des sols [ 67 ]. En , sous la pression de la commission des affaires indigènes du parlement, Malan remplace Jansen par Hendrik Verwoerd au ministère des affaires indigènes [ 62 ].

Pendant les 8 années suivantes, Verwoerd allait jeter les bases du projet de grand apartheid centré autour de la création de bantoustan , procédant alors à un renversement de logique par rapport aux anciennes politiques gouvernementales: Toute la politique du gouvernement vise dorénavant à recréer des états ethno-linguistiques homogènes à partir des réserves ethniques préexistantes.

Il lui faut dans le même temps distinguer et définir les différentes communautés ethno-linguistiques du pays. Le ministre des affaires indigènes était de facto le chef des africains du pays. Tous les commissaires et tous les chefs de tribus, en zone rurale, étaient responsables devant lui. Son pouvoir était aussi total sur les africains urbanisés. En , Hendrik Verwoerd est appelé par le docteur Malan pour diriger ce ministère et organiser l'apartheid géographique. Considéré comme un visionnaire, et non comme le grand architecte de l'apartheid, Verwoerd donna une impulsion, une direction et un calendrier pour la mise en place du grand apartheid.

Il nomma Max Eiselen , professeur d' anthropologie sociale à l' université de Stellenbosch avec qui il partageait les mêmes points de vue sur le tribalisme et le nationalisme noir, pour mettre en forme cette politique. L'obsession que les Afrikaners avaient pour définir leur propre identité est transposée dans les analyses faites pour définir ethno-linguistiquement les différents peuples bantous à travers leur histoire, leur langue, leur culture qui font l'objet d'une relecture et d'un réexamen pour coïncider avec la nouvelle politique raciale, quitte à exacerber les particularismes afin de créer des entités artificielles, proposées voire imposées à des peuples qui n'en veulent pas [ 70 ].

Des États ethniques, les Bantoustans ou Homeland , sont ainsi créés à partir des réserves indigènes déjà constituées sous l'ancienne législation. Si cette indépendance de façade satisfait parfois les potentats locaux, elle est essentiellement factice. Durant les 8 années de son mandat au ministère des affaires indigènes, sous les gouvernements Malan et Strijdom , Verwoerd rénove son département ministériel qu'il scinde en deux en pour former le département des affaires bantu et celui de l'éducation bantu.

La politique, alors menée pour organiser le grand apartheid, repose sur le renouveau des structures tribales, privilégiant l'aristocratie et les forces traditionalistes africaines, alors en perte de vitesse sur tout le continent africain. La hiérarchie tribale fut rehaussée afin de recréer de nouvelles structures pour l'administration locale qui devaient dorénavant davantage reposer sur les chefferies et non plus sur les commissaires du gouvernement [ 71 ].

Le Bantu authorities act en , abolissant le conseil représentatif indigène, instaura à la place des autorités tribales, régionales et territoriales, fondées sur des critères géographiques et ethniques.

Leurs compétences relevaient du domaine administratif et judiciaire alors que le droit tribal coutumier était revalorisé. En l'absence de chefs reconnus, une autorité communautaire était instituée avec des conseillers traditionnels reconnus.

Toutes ces autorités tribales, dont les fonctions étaient entre autres de maintenir l'ordre, de percevoir les impôts et de s'occuper des registres d'état civils, étaient salariées du gouvernement central sud-africain. Cette loi fut complétée en par la Bantu Self Government Act élargissant les compétences de ces autorités.

L'application de la loi fut néanmoins lente car elle imposait au gouvernement de persuader l'aristocratie locale d'accepter les nouvelles structures. En dépit de l'hostilité des africains urbanisés, l'aristocratie tribale en zone rurale fut séduite et dès , les premières autorités tribales furent établies dans les réserves indigènes du Transvaal , du Cap et du Natal.

Il y eut cependant de fortes résistances, notamment au Zululand au Sekhukhuneland et au Transkei , d'autant plus que le système mis ainsi en place favorisait les nobles les plus dociles au pouvoir.

En accordant aux chefs tribaux les responsabilités des commissaires aux affaires bantous, la nouvelle structure organisationnelle des réserves allait aussi favoriser la corruption au plus haut niveau des autorités régionales. Alors que Verwoerd et les anthropologues du ministère des affaires indigènes mettaient en place ces structures tribales, le gouvernement avait mandaté le professeur Tomlinson pour faire un rapport sur la viabilité économique de ces réserves.

Les conclusions du rapport Tomlinson allaient notamment amener le gouvernement à envisager la séparation territoriale de ces territoires. Alors que jusqu'en , l'Afrique du Sud réclamait l'incorporation du Bechuanaland , du Basutoland et du Swaziland à son territoire, les gouvernements successifs de la période d'apartheid allaient mener une politique inverse souhaitant, en raison de leur lien ethno-linguistique, l'incorporation du Bophuthatswana avec le Botswana et le QwaQwa avec le Lesotho.

Répondant ainsi à l'Afrique décolonisée par le biais de la création de ces États ethniques, le gouvernement de Pretoria pensait ainsi pouvoir créer une république sud-africaine constituée majoritairement de blancs les métis et les indiens n'étant pas concernés par la politique des bantoustans [ 72 ].

Dès le départ, il est envisagé à terme d'accorder l'autonomie interne aux futurs bantoustans sans pour autant leur accorder la pleine souveraineté [ 73 ].

Dénonçant la misère économique des réserves, le groupe d'études de Tomlison faisaient également un certain nombre de propositions pour assurer leur viabilité économique, notamment au niveau agricole, mais aussi envisageait une nouvelle carte géopolitique de toute la sous-région avec une redistribution spatiale des frontières à partir de critères ethno-linguistiques. En proposant un développement économique général de territoires africains, sur lesquels vivraient 10 millions de personnes et en critiquant certains des aspects de la politique des bantoustans, notamment leurs faibles ressources et superficies, le rapport Tomlison fixait aussi et surtout des objectifs qui étaient financièrement ambitieux et couteux, comme la création au sein de ces territoires non seulement d'industries mais aussi d'une centaine de villes équipées.

Néanmoins, la politique des bantoustans continua. D'autres critiques émanèrent cependant au sein même du parti national pour critiquer la politique de Verwoerd. Le plus emblématique d'entre eux fut le professeur L. Cet ancien chef du Broederbond en vint à la conclusion que l'apartheid ne pouvait être justifié qu'avec l'accord des africains et dans le cadre du droit des peuples à l' autodétermination [ 75 ] , concept que les Boers puis les Afrikaners avaient invoqué pour eux-mêmes dans leur lutte contre l'impérialisme britannique.

Dans le contexte de la décolonisation alors en cours sur le continent africain, Wicus du Plessis argumenta pour que des discussions approfondies soient entamées avec les chefs des mouvements noirs tels que le congrès national africain [ 75 ]. Il se montra notamment favorable, à terme, à une égalité territoriale et politique entre blancs et noirs et à la création d'une Afrique du Sud unitaire comprenant de nouvelles provinces dirigées par les élites noires du pays [ 75 ].

Le débat interne aux cercles nationalistes se solda cependant par la victoire des partisans de Verwoerd, la mise à l'écart de Wicus du Plessis et la purge de ses partisans des organismes afrikaners [ 75 ].

En , Verwoerd proclama officiellement que l'évolution naturelle des Bantoustans était la partition effective du territoire sud-africain et leur indépendance. De à , une dizaine d'autorités territoriales tribales furent établies et 4 d'entre eux à commencer par le Transkei devinrent indépendants mais non reconnus par la communauté internationale. De à , le gouvernement Malan mène une véritable bataille constitutionnelle pour radier les coloureds des listes électorales communes et instituer des collèges électoraux séparés.

Politiquement, la mesure permettrait de priver le parti uni et le parti travailliste de voix déterminantes dans plus de la moitié des 55 circonscriptions de la province du Cap [ 76 ]. En , une loi est votée au terme de laquelle les Coloureds et métis du Cap et du Natal seraient désormais représentés au parlement par 4 députés blancs élus pour 5 ans sur des listes séparés.

La loi est vivement attaquée par l'opposition parlementaire. Des manifestations sont organisées par l'association des vétérans de guerre, avec le soutien de la Springbok Legion.

Partout dans le pays se forment des mouvements de soutien au maintien des métis sur les listes électorales communes. Celui des Torch commando dirigés par Louis Kane-Berman et Adolph Malan , héros de la bataille d'Angleterre , est le plus emblématique de ces mouvements. Le mouvement reçoit l'appui financier de Harry Oppenheimer et forme un front commun avec le parti uni et le parti travailliste.

Finalement, la question de la suprématie législative du Parlement se retrouve placée au centre des débats après l'invalidation de la loi par la Cour suprême par référence au South Africa Act. La tentative de D. Malan de contourner la décision est également un échec [ 77 ]. Le succès des nationalistes aux élections générales sud-africaines de ne parvient pas à lui faire acquérir la majorité nécessaire pour modifier la constitution alors qu'au sein même du parti national, plusieurs de ses membres à l'instar de Nicolaas Havenga sont réticents à modifier le droit de vote reconnu constitutionnellement aux métis et Coloureds du Cap.

La franchise est finalement supprimée en par le gouvernement Strijdom. Le système génère des frustrations, bien sûr chez les Noirs et autres groupes désavantagés qui trouvent en l' ANC un de leurs principaux porte-paroles, mais aussi chez certains Blancs libéraux , représentés notamment d'abord par le Parti Progressiste.

Le gouvernement réagit de manière souvent violente, au mépris des idéaux démocratiques qui sont censés le fonder. Les contestataires sont condamnés et emprisonnés. Ces délégués adoptent la Charte de la liberté Freedom Charter , énonçant les bases fondamentales des revendications des gens de couleur, appelant à l'égalité des droits quelle que soit la race, l'abrogation de toute discrimination raciale , l'instauration d'un régime démocratique pour tous et un programme politique oscillant entre inspiration communiste nationalisations , réforme agraire et socialiste salaire minimum , semaine des 44 heures, couverture sociale [ 79 ].

Un million de personnes signent le texte [ 80 ]. À la suite de l'adoption de ce texte, membres de l'ANC et des organisations alliés sont arrêtés et accusés de haute trahison pour avoir prôné le renversement du gouvernement. L'affaire est très médiatisée. Finalement, le 29 mars , la justice sud-africaine acquitte l'ensemble des inculpés, admettant dans le verdict que l'ANC ne pouvait être reconnu coupable d'avoir défendu une politique visant à renverser l'état par la violence [ 81 ].

Entretemps, en , le nouveau premier ministre, Johannes Strijdom , est parvenu à supprimer la franchise électorale des personnes de couleur coloureds de la province du Cap malgré la campagne lancée par les Torch commando. D'ailleurs, durant toute la décennie des années , les mouvements opposés à l'apartheid, issus des différentes communautés, peinent à s'unir et à organiser des manifestations inter-raciales.

Malgré les appels de l'ANC, la communauté blanche échoue totalement à constituer un mouvement unique blanc anti-apartheid. Bien au contraire, l'opposition blanche à l'apartheid s'est morcelée en deux grandes familles radicaux et libéraux , elles-mêmes divisées en sous-groupes divers.

L'opposition libérale ignore également les appels de l'ANC à manifester ou à se rassembler campagne de défiance, rassemblement de Kliptown , préférant privilégier les procédures légales. En fait, les motifs de mobilisation des blancs centrés surtout sur le droit de vote des métis ont été différents de ceux de l'ANC et, tant le parti uni que le parti libéral, ne sont pas favorables à l'extension d'un droit de suffrage sans restriction aux populations de couleurs.

De ce fait, l'opposition libérale est définitivement discréditée aux yeux de l'ANC qui ne privilégiera que ses alliés radicaux [ 82 ] , [ Note 7 ]. Après le massacre de Sharpeville , la destruction en place publique de leurs laissez-passer par plusieurs milliers de noirs sud-africains et la mise en place de l' état d'urgence décrété par le gouvernement le 8 avril , l'ANC et le PAC sont à leur tour interdits en vertu de la loi de suppression du communisme.

Sur le plan international, la situation de l'Afrique du Sud se détériore pour la première fois, ce qui se manifeste par son exclusion de l' Organisation mondiale de la santé , de l' organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture et du bureau international du travail.

Les premières attaques visent des bâtiments officiels mais, rapidement, les chefs de MK sont arrêtés en juin à Rivonia et en juin seront condamnés à la réclusion à perpétuité. Ce repli s'accompagne d'une modernisation des concepts surtout après la mort d' Hendrik Verwoerd en et jusqu'au gouvernement de Pieter Willem Botha fin des années L'idéologie de l'apartheid se modernise alors constamment [ 84 ].

Cette modernisation est complexe. D'une part, à la suite de la proclamation de la république, les discours de la classe dirigeante afrikaner ne se focalisent plus sur la défense de l'identité afrikaans mais sur les concepts de nation sud-africaine dont celle de la nation blanche d'Afrique du Sud regroupant anglophones , afrikaners et lusophones , dans un effort d'incorporation des groupes européens du pays.

Elle s'accompagne d'une stratégie politique d'alliance intérieure progressive avec les groupes métis , indien et asiatique du pays qui se caractérise, sous Pieter Botha, par la création en de chambres parlementaires pour chacun de ces groupes définis racialement.

D'autre part, le régime d'apartheid qui argumente sur le plan diplomatique sur la base de sa mission de défense des valeurs occidentales en Afrique et de bastion contre le communisme athée , engage une déstabilisation extérieure de ses voisins avec le soutien du bloc occidental pour contrer la progression des régimes marxistes en Afrique, soutenus par Cuba , la Chine ou l' Union soviétique principalement l' Angola et le Mozambique à partir de S'ils disposent de leurs propres domestiques noirs, les migrants français s'adaptent difficilement à la communauté afrikaans, qui les rejette.

Si dans les années , les Afrikaners n'ont plus la crainte pathologique de perdre leur identité nationale qui s'affirme d'ailleurs au travers de l'État sud-africain, militairement fort et économiquement puissant, ils sont néanmoins ébranlés dans les années , par trois facteurs qui remettent en cause leur foi dans la suprématie naturelle des Afrikaans: À partir de et des émeutes de Soweto , le pays est en proie à la montée de la violence politique et de la répression policière dans les townships.

Au bout de plusieurs mois d'émeutes, le bilan est de morts. Le mouvement de la Conscience noire , à l'origine des troubles de Soweto, est décapité avec la mort de son chef charismatique, Steve Biko. L'émotion causée par la mort de ce dernier conduit le conseil de sécurité de l'ONU à imposer pour la première fois des sanctions obligatoires contre l'Afrique du Sud en décrétant un embargo sur les ventes d'armes [ 88 ].

Après les émeutes de Soweto, Umkhonto we Sizwe , la branche militaire de l'ANC, recrute de nombreux militants et organise sa guérilla dans des camps d'entrainement en Angola , en Tanzanie ou en Zambie où des actes de torture ou des exécutions sont pratiqués contre les militants accusés d'espionnage. À partir de , elle organise des sabotages et des attentats au sein même de l'Afrique du Sud.

Parfois, ces actions restent symboliques attentat contre des postes de police des townships, contre la centrale de Koeberg mais parfois ce sont de véritables attentats terroristes attentat de church street à Pretoria en , attentat d' Amanzimtoti en , meurtres de fermiers blancs dans le nord et l'est du Transvaal ou de conseillers municipaux ou de policiers noirs accusés de collaboration dans les townships….

Des scientifiques sont chargés par les services secrets gouvernementaux de travailler sur un programme de diminution du taux de fertilité des femmes noires par le biais d'une substance répandue dans l'eau ou les produits de consommation courante [ 89 ]. D'autres procédés sont testés comme l'imprégnation de poison sur des T-shirts portés par des militants de l'ANC.

Au début de l'année, plus de 54 townships du pays sont ainsi en guerre ouverte contre le gouvernement et sa politique d'apartheid, deux millions d'étudiants sont en grève et plus de 2 millions de salariés font grève au début du mois de mai [ 91 ].

Le gouvernement est divisé entre faucons et réformistes. Une médiation est tentée par les pays du Commonwealth pour amorcer des pourparlers entre l'État et l'ANC: Parallèlement, des représentants des plus grandes entreprises sud-africaines rencontrent des membres de l'ANC à Lusaka en Zambie [ 91 ]. Le 12 juin , après avoir imposé graduellement des mesures d'urgence dans plusieurs districts administratifs, Botha proclame l' état d'urgence dans les townships [ 92 ].

Après avoir appelé à rendre les townships ingouvernables, l'objectif des militants anti-apartheid des townships est dorénavant de créer des contre-pouvoirs à travers la mise en place de comités de rues et de quartiers [ 93 ]. Si l' Afrique du Sud est la première puissance économique et militaire du continent africain, le gouvernement sud-africain est soumis progressivement à des embargos à partir des années en raison de sa politique d'apartheid.

Les États-Unis d'Amérique, l'un de ses principaux alliés, prennent leur distance avec l'Afrique du Sud à la fin des années , sous l'administration de Jimmy Carter. Le pasteur Leon Sullivan obtient partiellement que les filiales et établissements des compagnies nord-américaines implantées en Afrique du Sud ne pratiquent aucune discrimination entre ses salariés sud-africains principes de Sullivan [ 95 ].

L'exode des capitaux, débuté au milieu des années , s'accélère non seulement à cause des campagnes anti-apartheid mais aussi en raison de la baisse de rentabilité des firmes étrangères implantées en Afrique du Sud [ 91 ]. Pour contrer les sanctions économiques et industrielles bilatérales, le gouvernement sud-africain développe durant cette période tout un système permettant de contourner ces sanctions en s'appuyant notamment sur l'internationalisation des grands groupes financiers ou industriels, d'investissements dits off shore et sur quelques États partenaires comme Israël et Taïwan [ 96 ].

Le capital afrikaans majoritaire dans les groupes Sanlam , ABSA , la manufacture d'armes Armscor et le métallurgiste Iskor contribue notamment à cette stratégie économique et politique destinée à préserver la domination politique de la communauté blanche, conduite par la realpolitik afrikaans [ Note 8 ].

En juin , le gouvernement proclame l' état d'urgence et déploie l'armée dans les townships. Les partenaires commerciaux de l'Afrique du Sud sont inquiets mais peu imposent de sanctions véritablement sévères.

En fait, l'État sud-africain reprend les choses en main, parvient à renégocier un rééchelonnement de sa dette grâce à l'appui des banquiers européens, stabilise le rand et profite d'une nouvelle flambée du prix de l'or à partir de Une nouvelle récession frappe cependant le pays à partir de En plus des pressions propres au marché intérieur sud-africain et sa difficulté à produire ce qu'elle consomme, l'impact propre des sanctions économiques et financières reste difficile à évaluer mais il est indéniable que des facteurs extra-économiques ont perturbé les échanges commerciaux et financiers de l'Afrique du Sud.

Les premières sanctions ont été posées en sans être contraignante. Avant , seul un embargo sur les ventes de pétrole par les membres de l' OPEP et un embargo sur les ventes d'armes, proclamé par les Nations-Unies, avaient eu un minimum d'effets.

À partir de , alors que la situation intérieure se dégrade, quelques pays proclament et appliquent un embargo total sur le commerce avec l'Afrique du Sud Suède , Danemark et Norvège sans être suivi par les partenaires commerciaux traditionnels de l'Afrique du Sud.

Les restrictions que ces derniers appliquent sont principalement diplomatiques ou commerciales comme l' embargo sur les importations de charbon, la fermeture de consulats ou le refus d'exportation de technologies. Seuls les États-Unis , premier partenaire commercial de l'Afrique du Sud en , adoptent une position dure avec le comprehensive anti-apartheid act de Le Japon a quant à lui remplacé les États-Unis comme premier partenaire commercial de l'Afrique du Sud en devenant le principal importateur de produits sud-africains suivi par l'Allemagne et l'Angleterre [ 94 ].

Fin , il reste entreprises britanniques, firmes américaines, sociétés allemandes et 24 entreprises françaises directement implantées dans le pays alors que Taïwan a augmenté ses parts de marché en profitant du départ des entreprises occidentales [ 97 ]. Si l'Afrique du Sud paye les frais de sa politique d'apartheid, les sanctions économiques et commerciales, plus ou moins contraignantes, ont été diversement appliquées: L'exclusion des compétitions sportives porte un coup au moral de la population blanche et joue un rôle dans le recul de la politique d'apartheid.

L'isolement de l'Afrique du Sud a commencé au début des années après que l'Afrique du Sud s'est retirée du Commonwealth et s'est érigée en République. Plusieurs pays africains Liberia , Éthiopie , l' Inde et les pays du bloc de l'Est font pression pour que l'Afrique du Sud soit exclue de plusieurs organismes internationaux. En , le conseil du sport en Afrique une structure de l' Organisation de l'unité africaine exige, auprès du comité international olympique , l'expulsion de l'Afrique du Sud et menace de boycotter les Jeux olympiques de Malgré un avis d'abord défavorable du CIO, et à la suite des menaces de boycott des athlètes afro-américains et pays du bloc de l'Est si l'Afrique du Sud était présente, le comité exécutif du CIO décide finalement d'exclure l'Afrique du Sud des jeux olympiques de Mexico [ 98 ].

En , l'Afrique du Sud est indirectement la cause du boycott des jeux olympiques de Montréal. Vingt-six pays africains, l' Irak et le Guyana protestent contre les rencontres sportives de rugby entre la Nouvelle-Zélande et l'Afrique du Sud, alors que le rugby n'est pas un sport olympique [ 99 ]. En , l'Afrique du Sud participe encore aux jeux paralympiques et n'est exclue du comité qu'en [ ]. En , les Nations unies publient un registre mentionnant le nom des sportifs et des officiels participants à des manifestations sportives en Afrique du Sud afin d'exercer une pression morale sur les athlètes.

La tournée faite par les Springboks en en Nouvelle-Zélande est marquée par des mouvements de protestation contre l'apartheid [ ] , [ ].

Plus aucun pays n'accepte d'organiser de rencontres avec l'équipe de rugby sud-africaine, emblématique de la population blanche sud-africaine. En , l'équipe des Springboks aligne deux joueurs métis, Errol Tobias et Avril Williams , contre l' Angleterre mais en , la tournée des All Blacks en Afrique du Sud est annulée. Une tournée non officielle est cependant effectuée par une équipe appelée les Cavaliers comprenant de nombreux All Blacks.

Les joueurs sont suspendus à leur retour en Nouvelle-Zélande [ ]. Les Springboks sont isolés et privés de rencontres sportives internationales. Le grand prix automobile de formule un organisé à Kyalami en , constitue alors le dernier grand évènement sportif international organisé en Afrique du Sud jusqu'en Sous la pression de l'opinion occidentale accompagnée de pressions économiques, notamment en provenance des États-Unis , de la contestation interne, de l'agitation de plus en plus incontrôlable dans les cités noires les townships , et également de la pression démographique, l'apartheid est assoupli sous le gouvernement de Pieter Willem Botha.

Après avoir autorisé la formation de syndicats noirs en , Botha entame en la réduction graduelle des inégalités de salaires entre Blancs et Noirs dans les mines et en , autorise la formation de syndicat inter-raciaux et de partis non exclusivement blancs, du moment qu'ils n'aient pas été interdits par le passé. Inspiré du modèle consociationnel , une nouvelle constitution entre en vigueur le 3 septembre , établissant un régime présidentiel basé sur un parlement tricaméral.

Cette constitution, adoptée en au cours d'un référendum par les électeurs blancs sud-africains, libéralise le régime institutionnel de l' apartheid. Les noirs n'ont droit à aucune représentation nationale. Ceux résidant dans les zones urbaines se voient cependant octroyés de nouveau la citoyenneté sud-africaine et obtiennent le droit d'élire leurs propres conseillers municipaux [ ].

Le cabinet ministériel s'ouvre pour la première fois aux non blancs avec la nomination de Amichand Rajbansi et Allan Hendrickse chargés des affaires indiennes et métis.

En , la loi portant interdiction des mariages mixtes est abrogée. En , la loi sur les laissez-passer 'Pass Laws Act' de est abolie [ ] , permettant aux Noirs sud-africains pauvres de se déplacer librement en ville, voire de s'y installer. Après les élections municipales sud-africaines de favorables au parti conservateur , celui-ci fait réinstaller dans les municipalités qu'il dirige les panneaux de ségrégation.

En , la loi de fixant la liste des emplois réservés aux Blancs est abrogée. Bien que des négociations secrètes directes entre l'ANC et des membres du parti national soient organisées depuis avec l'accord du gouvernement, Botha refuse d'aller plus loin dans ses réformes, soucieux de la scission de plus en plus importante entre afrikaners modérés et conservateurs.

Souvent, quand un décès lié au SIDA survient dans une famille, la cause de la mort est maquillée, on parle alors de tuberculose, maladie cardiaque, etc.

Si le nombre de morts est conséquent, et cités par la plus grande démocratie du monde, avec les tabous religieux, et le conservatisme religieux et social, le nombre de morts est sans doute bien plus élevé, mais même avec de la bonne volonté, les chiffres réels ne seront sans doute jamais connus.

D'autres États communiquent en toute transparence, souvent des démocraties, comme l'Afrique du Sud en Afrique. Les chiffres communiqués par cet État comportent une très faible marge d'erreur. De plus, en communiquant ainsi, l'Afrique du Sud bénéficie d'aides internationales d'autres États, et de l'OMS, et de plus, ses hôpitaux et médecins sont informés des derniers médicaments ou traitements trouvés.

En Afrique du Sud, vu l'ampleur des ravages de la maladie, il y a longtemps que ce pays à franchi le stade de la honte et de la dissimulation, pour communiquer en toute transparence, pour vaincre le mal.

Globalement, à l'échelle mondiale, rien n'indique vraiment si la pandémie du SIDA régresse, car il faut considérer la position des États, nombreux, et différents, avec des approches politiques, sociales, et religieuses différentes. Cependant, des progrès sont visibles, et constatés même à une petite échelle. Cependant, les dissimulations, à lier à certains conservatismes sont nombreux.

Il n'en reste pas moins que le SIDA est une pandémie, une tragédie à l'échelle humaine, et que cette maladie doit encore être vue comme telle. Si le chiffre des décès annuels du SIDA ne sont connus qu'à travers un chiffre officiel, ce chiffre dépasse tout de même depuis la fin des années un million de morts au moins, ce qui en fait une grande pandémie, et non une épidémie mineure et contrôlée. C'est en Afrique que la pandémie connaît les taux de décès les plus élevés.

L' Afrique du Sud est le pays le plus touché 10 pour cent de la population , en raison d'une criminalité sexuelle la plus élevée au monde. L' ONU estime que pour l'an , 2,4 millions d'Africains sont morts du sida.

Il est également estimé que 10 millions de jeunes Africains âgés de ans et environ 3 millions d'enfants de moins de 15 ans sont infectés par le virus du VIH. Entre et , les évolutions du sida sont notables sur trois points [ 15 ]: Dans ce cas, les infections ne se font pas uniquement en Afrique, mais également en France. Le cas français n'est pas très différent des autres pays européens qui enregistrent également une diminution des cas de nouvelles infections 30 cas par million en et 19 cas par million en et de décès liés au sida.

Les usagers de drogues, tout comme en France, adhèrent bien aux politiques de réduction des risques. De ce côté, la France reste dans le temps le pays européen à la pointe de l'observation épidémiologique. Ce qui permet d'observer l'évolution de cette maladie et d'adapter les campagnes d'information, de dépistage et de prévention aux populations les plus à risque [ 18 ].

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. Cet article doit être actualisé septembre Among the reasons for the overestimate is methodology; U. As a group, such women were younger, more urban, wealthier and likely to be more sexually active than populations as a whole, according to recent studies.

Origine du virus de l'immunodéficience humaine Épidémiologie du sida. Syndrome d'immunodéficience acquise Maladie opportuniste Maladie de Kaposi.

Trithérapie Antirétroviral Inhibiteur de protéase Inhibiteur de l'intégrase Inhibiteur de la transcriptase inverse Inhibiteur de fusion Résistance du VIH face aux inhibiteurs de protéase. Article à mettre à jour Article à référence nécessaire Portail: Espaces de noms Article Discussion.

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